Quand le voyage mène au mariage, quand le mariage est un voyage.
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2008 Le Voyage |
2009 Le Mariage |
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Quand le voyage mène au mariage, quand le mariage est un voyage.
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Nous sommes maintenant rentrés, le 1 août 2008, après un peu moins de 8 mois de périple
en Amérique Latine et au Proche-Orient.
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Et une frontière de plus, la 11ème depuis le début de notre périple...
Une frontière redoutée depuis un certain temps en raison des conditions requises pour rentrer en Syrie :
- ne pas être allé en "Palestine occupée" (Israël),
- avoir un visa de moins de 3 mois obtenu dans son pays d'origine.
Nous ne répondons ni à l'une, ni à l'autre de ces conditions, d'où notre inquiétude en quittant Amman.
Heureusement pour nous :
- nous n'avons auncune trace sur notre passeport de notre séjour en Israël, hormis un douteux tampon jordanien obtenu au service des étrangers et de l'immigration et une phrase
manuscrite mentionnant notre entrée en Jordanie par l'aéroport d'Aqaba (alors que nous sommes arrivés à Aqaba par la voie des terres... depuis Israël...),
- Le président Syrien, Bachir Al Assad, étant attendu en France pour le 14 juillet, nous comptons sur l'amélioration des relations diplomatiques et la bienveillance des douaniers pour
nous délivrer un visa à la frontière.
Beaucoup d'inquiétude pour, au final, pas grand chose.
Deux heures de formalités administratives, un appel à Damas et nous voilà en Syrie !
Damas est une ville fascinante !
La ville orientale comme on se l'imagine avec ses mosquées, ses souks, ses hammams, ses vendeurs de rue, ses terrasses et ses fumeurs de narguilés, ses étals de galettes de pain...
Nous y flanerons trois jours durant, prenant rapidement nos marques, adoptant le rythme de vie local et nous installant presque dans une routine quotidienne : déjeuner de mezzés sur une
place du Souk Sarouja, visites, internet, thé / jus d'orange, visites...
Depuis le début du voyage, Clémence aime à répéter qu'elle apprécie beaucoup rentrer dans les églises au milieu d'une longue journée de visite. C'est l'occasion de faire une petite pause au calme
et au frais, en s'asseyant sur un banc.
Et bien, il y a une sacrée concurrence dans les pays musulmans avec les Mosquées (quand nous y avons accès) !
A Damas, la Grande Mosquée des Omeyyades est un incontournable !
Quel plaisir de rentrer dans cette cour où tout est volume, clareté et tranquilité !
Les klaxons des taxis sont biens loins. Ici on ne peut être dérangé que par les jeux des bambins !
Le seul bémol pour Clémence, est l'obligation d'être recouverte des pieds à la tête, par une tunique sans forme...
A l'intérieur, l'épaisseur du tapis chatouille vos pieds nus.
Assis dans un coin, vous observez la piété des fidèles venus prier.
Un peu plus loin, nous retrouvons cette même quiétude dans le palais nommé "Azem".
Que ce soit dans la partie privée réservée aux femmes (Haremlek), ou dans la partie publique réservée aux hommes (Salemlek) : fontaines, finesses des sculptures et des peintures murales, plafonds
admirablement travaillés, tables basses et coussins : tout pousse au calme et à la sérénité.
Quel contraste avec l'extérieur et l'agitation des rues commerçantes !
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Déjà dans le désert du Wadi Rum, nous en avions eu un aperçu : cette maison est celle de Lawrence, ce désert est ce lui de Lawrence, cette montagne est celle de Lawrence, cette oasis est celle de
Lawrence...
Lawrence d'Arabie, acteur de la révolte arabe contre l'occupation turque, concomitamment à la première guerre mondiale, aura laissé des traces...
Les déplacements de cet anglais ayant combattu au côté des arabes, peuvent être suivis dans tout le pays.
Sans l'avoir prévu, nous marchons dans ses pas, près d'un siècle plus tard.
De Pétra, nous nous rendons au château fortifié de Shobak.
Le site, en rénovation, est riche en arches et en voûtes.
Puis à Kérak, un château croisé, nous nous perdons dans un dédale de salles souterraines bien conservées.
Le lendemain, un moment "loose" comme on aimerait les éviter, nous perdons une bonne partie de la matinée avant de trouver "Um-Er-Rasas" , un soi-disant site
classé au patrimoine de l'Unesco.
Pas de chance, les mosaïques réputées ont été entérées pour les protéger !
Après quelques kilomètres énervés, nous arrivons enfin à Béthanie, au bord du Jourdain.
- Il est trop tard, revenez demain !
Le garde du site refuse de nous faire entrer, à dix minutes près, alors que le site est ouvert encore pendant une heure.
Heureusement, la journée se termine mieux qu'elle n'avait commencée et c'est à Amman, chez Wael - un accueillant franco-jordanien, que nous sommes hébergés.
Les jours suivants se passent tranquillement.
En journée, nous continuons à visiter :
- les châteaux Omeyyades, une dynastie arabe
- Jérash, beau site romain, avec un impressionnant forum
- Umm Qais, point stratégique enclavé entre Israël, la Syrie, la Jordanie et la Cisjordanie.
- Madaba, haut lieu de la Mosaïque, réputé en particulier pour celle représentant la plus vieille carte de la Terre Sainte, avec la ville de Jérusalem, la Mer Morte...
En soirée, nous nous laissons guider par Wael, qui ne manque pas de nous emmener dans des lieux que nous aurions certainement manqués, si nous étions venus seuls, dans cette capitale
vallonée.
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Aqaba : l'accès à la mer de la Jordanie, ville en face de l'Egypte et du désert du Sinaï, et mitoyenne à celle d'Eilat en Israël.
Elle arbore fièrement ses couleurs : un drapeau de trois bandes (noire, blanche et verte), assorties d'un triangle de sang et d'une étoile de nacre. Un drapeau jordanien de 40 m de long pour 20 m
de large que les vents puissants de la Mer Rouge peinent à mouvoir.
Ici, c'est la côte : baigneurs, flambeurs, mateurs...
On retrouve les attributs de toute station balnéaire qui se respecte, à la différence peut-être de ces narguilés fumés dans les cafés, de ces thés proposés à longueur de journée, ou de ce
backgammon joué par les gens désoeuvrés.
Nous sommes bien en Orient : les femmes sont voilées, les hommes coiffés d'un traditionnel "keffieh" à carreaux rouges et blancs pour les Bédouins natifs du coin, à carreaux noirs et blancs
pour les Palestiniens, réfugiés dans ces contrées (et représentant aujourd'hui 75 % de la population jordanienne), et d'un blanc uniforme pour les saoudiens, venus dépenser des pétrodollars,
facilement gagnés.
Avant de se lancer à la rencontre de ce peuple métissé, nous nous retirons dans le désert, loin de toute civilisation.
Le désert du Wadi Rum n'est pas très grand, mais tout de même bien dépaysant!
Nous passons une nuit à la belle étoile.
En basse saison touristique, les bédouins retrouvent des occupations fantastiques : c'est debout sur leur autos, qu'ils suivent une course de chameaux.
Tradition et modernité se sont donné rendez-vous, autour de ce "chameau-drome" assez fou.
Puis Pétra, comme il se doit.
Quatre jours pas moins, pour appréhender ce site aux multiples recoins.
Il y en a pour tous les goûts : du géologue à l'archéologue, du visiteur au grimpeur, de l'historien à l'épicurien.
Motivée par tant de lieux à explorer, fait assez rare pour être noté, Clémence a longuement marché, sans jamais râler!
Du Kazneh qu'on a surplombé, au Monastère en fin de journée, nous nous sommes épuisés, autant qu'émerveillés.
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Quand on vient de passer 4 mois sur les routes ou chemins d'Amérique Latine, le Proche-Orient paraït particulièrement... petit.... en tant que lieu géographique, mais... immense... en tant que
lieu d'Histoire.
Chaque ville dans laquelle nous nous rendons, nous intéresse pour sa sitation actuelle, mais aussi et surtout pour ce qu'elle a vécu dans les siècles passés.
A Césarée, outre une station balnéaire à la mode où les kite-surfeurs trouvent un "spot" idéal, les "vieilles pierres" révèlent le passé prestigieux d'une cité romaine modèle, avec
théâtre, hippodrome, bains...
A Saint-Jean d'Acre, les Templiers ont laissé une trace de leur passage en creusant un long tunnel et une citadelle aujourd'hui restaurés.
A Haïfa, un certain Bab (+1850) a révélé une "religion" - la religion Bahaï - englobant le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam
dans un syncrétisme tolérant.
Il a prôné la gloire d'un Dieu unique, vénéré à travers l'esthétisme de jardins particulièrement soignés.
Au bord du lac de Tibériade, nous avons marché dans les pas d'un autre "JC", et sur les terres où il vécut et fit des miracles : Capharnaüm, Mont des Béatitudes, multiplication des pains et des
poissons, pêche miraculeuse, guérison d'un aveugle...
A Nazareth, l'église de l'Annonciation rappelle, qu'un jour, un ange serait apparu à une jeune femme vierge et lui aurait annoncé une grande nouvelle : elle enfantera le Messie.
A Massada, ancienne place forte d'Hérode, le soleil a attendu que la lune se couche pour montrer ses premiers rayons, et pour éclairer ce fort qui a été le lieu du suicide collectif
d'un groupe de juifs s'étant rebellés contre l'occupation romaine.
Il existe encore aujourd'hui une controverse, sur le fait de considérer cet acte de résistance comme héroïque ou non.
Enfin à Eilat, extrémité Sud d'Israël, nous avons retouvé le béton et sous le béton : la plage !
La plage de la Mer Rouge est la mer la plus colorée et la plus poissonneuse que nous ayons vue.
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Dès notre arrivée sur le sol israélien, encore dans l'aéroport et au milieu de la nuit, une gamine armée et en uniforme nous demande la raison de notre venue en Terre Sainte, ainsi que les
villes que nous comptons visiter.
Nous nous gardons bien de mentionner les territoires palestiniens, cela ferait durer le "plaisir" de l'entretien.
Cela nous amuse de penser que cette fille d'à peine une vingtaine d'années, en Amérique Latine nous aurions pu la rencontrer, venue après ses deux années d'armée, pour se changer
les idées.
Les territoires palestinens sont survolés dans notre guide touristique : 10 pages sur 360, et sont absents de la plupart des circuits des tours opérateurs.
Et pourtant dans ces "poches", dans lesquelles vivent près de 4 millions d'habitants (contre environ 7 millions d'Israéliens), se trouvent des sites tels que : la plus vieille
ville encore habitée du monde -Jéricho-, le lieu de naissance de Jésus Christ, le mont des tentations ou le tombeau des patriarches.
Pour les touristes, aller dans ces territoires est logistiquement très facile (hormis la bande de Gaza) : Bethléem, Hébron, Ramallah et Jéricho, les 4 villes où nous nous sommes rendus, sont à
moins d'une heure de route de Jérusalem.
Nous y avons rencontré des hommes plus qu'accueillants et si l'anglais est moins maitrisé que dans le reste de la région, le contact est paradoxalement plus aisé.
Le désir d'exprimer les difficultés des conditions de vie est plus fort que la barrière de la langue.
Les palestiniens rencontrés ne demandent qu'à monter leur quotidien, rétablir la vérité du terrain, parfois bien éloignée des discours politiques ou médiatiques.
Nous ne sommes plus dans l'histoire ou l'analyse, nous sommes dans le présent, le vécu, le ressenti.
Et ce ressenti fait mal quand on passe un check point, quand on longe cet "autre mur de la honte", quand on s'arrête devant l'entrée de camps de réfugiés; et plus encore, quand on évoque
l'absence de papiers officiels permettant de voyager, des barrières douanières quasi-impossibles à franchir par les produits palestiniens destinés à l'export, et l'inactivité de jeunes de
plus en plus révoltés...
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Quelle impression de pénétrer dans ces murs tant de fois cités, lieu central des 3 religions révélées, mais quelle déception d'y voir tant d'hommes armés, et des quartiers entiers
réservés aux membres d'une même communauté.
Jérusalem ne se visite pas, elle se vit.
Nous avons la chance de loger en son coeur : dans le quartier arabe, à proximité du Saint Sépulchre -chrétien- et du mur des lamentations -juif-. Dès le coucher du soleil, les
rues se vident, les touristes de passage rejoignent leurs hôtels, les souks ferment et la vieille ville retrouve son calme.
Seuls raisonnent les chants des muezzins appelant à la dernière prière, ainsi que des cloches d'églises annonçant les vêpres ou une eucharistie.
Le musée de la tour de David nous permet d'approfondir nos connaissances historiques de cette ville tant Biblique que "Coranique".
Cananéens, Perses, Juifs, Grecs, Romains, Arabes, Croisés, Mamelouks, Ottomans, Anglais...
Que d'invasions, de destructions et de reconstructions!
La plupart des civilisations ont voulu assoir leur domination, en envahissant cette région.
Aujourd'hui, c'est l'instabilité qui semble prévaloir, les différents partages ne sont pas souvents respectés.
Le temple sacré est recouvert par une mosquée, des tunnels dans les fondations sont creusés, un mur est pleuré, un autre - moins louable - est érigé ...
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